MvE par Samir Kh. Samir
Aug. 16th, 2006 12:12 pmDistrait au possible, il fallait toujours revoir les textes qu’il envoyait, et se fâchait même si je n’avais pas corrigé telle erreur … pour lui évidente. Ayant eu à lui publier six fois des textes, comme éditeur, je me suis promis de ne pas recommencer, à cause de ses distractions et de la rapidité de son travail. Il avait les qualités et les défauts des génies. Toujours pressé d’écrire, car il savait trop de choses ignorées de tous et il voulait les transmettre, il se désintéressait de certains détails méthodologiques ou bibliographiques. Son génie même et sa grande sensibilité l’ont fait beaucoup souffrir et l’amenaient à vivre dans la solitude. Mais il suffisait qu’il y ait quelque part un piano et Michel retrouvait sa joie et le bonheur. Il improvisait admirablement et faisait alors l’admiration de beaucoup. C’était sa détente et son plaisir. Sa distraction me faisait penser au professeur Tournesol d’Hergé; parfois, discutant avec lui en français, il passait tout à coup au russe ou au géorgien, suite à une association d’idées, sans même s’en rendre compte.